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EMMANUEL STROSSER - Pianiste de renom PDF Imprimer Envoyer

estrossercrditphotoericmanasLe strasbourgeois Emmanuel  Strosser est :
-un pianiste de renommée internationale mais qui n’y voit là rien d’exceptionnel
-quelqu’un qui aime manger et faire à manger
-un homme convivial qui ne « sait pas arriver en retard »
Conclusion ? Un Alsacien pur jus, mine de rien.

Emmanuel  Strosser a toujours le sourire en coin d’un homme bien dans sa vie. Une vie qui passe plus souvent par Tokyo, le Brésil ou Paris que par Strasbourg. En être curieux de tout, il le vit comme une aubaine. Comment en est-il arrivé à cette success story de carrière de pianiste classique ? Disons que d’une certaine manière, il est tombé dedans quand il était petit.

A vous entendre, on a l’impression que le piano vous a choisi sans que vous ayez à vous soucier vous-même d’un choix de carrière ?

E.S. : de fait, je ne me suis jamais posé la question de ce que je voudrais faire. C’était une évidence depuis le Conservatoire de Strasbourg jusqu’à celui de Paris. Il faut dire que naître en Alsace est une chance. Parce qu’en Alsace, tout le monde joue plus ou moins de la musique, c’est culturel et aucunement réservé à la bourgeoisie.  J’ai toujours entendu mes grands-parents paternels autant que maternels jouer en amateur. Une de mes grand-mères jouait un peu de violon, un grand-père jouait de la flûte, l’autre en rentrant de son travail jouait tous les soirs un peu de Bach, à sa manière, au piano. Il était tout à fait fréquent qu’on se retrouve entre gens du village pour jouer ensemble, uniquement pour le plaisir.

J’imagine que vos parents vous ont, malgré tout, encouragés ?

E.S. : tout naturellement aussi.  Petit, j’ai tellement traîné dans la loge numéro 9 de l’Opéra de Strasbourg où mon père était metteur en scène et ma mère photographe, que le milieu des musiciens m’était plus que familier. Pour mes parents, sans du tout m’orienter vers une carrière particulière, c’était le conservatoire obligatoire et ça m’était aussi évident qu’à eux. J’ai pu bénéficier, à Strasbourg, des toutes premières classes pilotes à horaires aménagés : moitié cours, moitié musique.

En somme le métier s’est imposé de lui-même ?

E.S. : oui d’autant que j’y réussissais plutôt bien (*) et la consécration de pouvoir entrer au Conservatoire de Paris a fait le reste. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre. Sauf peut-être d’ouvrir un restaurant (sourire) , ça ne me déplairait pas.

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Paris ? l’Alsace ? vous êtes chez vous partout ?

E.S : tout à fait. Je me suis tout de suite senti très bien à Paris où je suis venu à l’âge de 17 ans même si l’Alsace, c’est vraiment chez moi.  Je mesure la chance d’y être né. D’abord parce que c’est beau, c’est un territoire qui respire encore la culture surtout pour un musicien. La double culture me rend aussi proche de Schubert que de Ravel. En fait je me sens Alsacien par rapport à la tradition culturelle qu’on ne trouve pas ailleurs en France, d’ailleurs, en musique  particulièrement, on n’y leurre pas facilement le public. Et puis bon….mon côté alsacien c’est aussi que je n’arrive pas à être en retard , que je suis rigoureux…Par contre, ce qui m’agace un peu c’est cette crainte de l’autre, de ce qu’on ne connait pas et le sentiment qu’on a souvent, en Alsace, de se sentir dans un cocon où on se sent important.

Vos projets immédiats ?

E.S. : ma participation au spectacle de ballet de La Dame aux Camélias à l’Opéra Garnier ce mois de février et un disque de musique française qui devrait paraître à la rentrée chez Mirare.

(*) Né à Strasbourg, Emmanuel Strosser débute ses études musicales, dans sa ville natale, à l’âge de 6 ans, auprès d’Hélène Boschi. Il entre ensuite au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il suit l’enseignement de Jean-Claude Pennetier (piano) et Christian Ivaldi (musique de chambre). Il est couronné, dans ces deux disciplines, par des premiers prix à l’unanimité avant d’entrer en cycle de perfectionnement où il suit les cours de Leon Fleisher, Dimitri Bashkirov et Maria Joao Pires. Lauréat du concours international de musique de chambre de Florence, il est aussi finaliste, en 1991, du concours Clara Haskil et joue ainsi avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne. Il est, par ailleurs, assistant de la classe d’Alain Planès au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il se produit régulièrement en soliste, en récital ou avec orchestre (Philharmonique de Radio-France, Ensemble Orchestral de Paris, Orchestre de Picardie, Orchestre de Chambre de Toulouse, Orchestre de Lille, Orchestre de Montpellier ...). Il est aussi invité dans les plus prestigieux festivals comme le Festival de l'Epau, de Sceaux, la Roque d'Anthéron, le Festival de Prades, de Kuhmo ...

Il a participé à de nombreux enregistrements, tous salués par la critique, notamment son disque consacré à Mozart, paru sous le label Harmonia Mundi.

 

 

Talents d'Alsace

Emilie Pfeffer