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Molsheim : pas seulement Bugatti ! PDF Imprimer Envoyer

Molsheim,petite ville à la périphérie superactive et au centre superhistorique, s’était rappelée au souvenir de l’Alsace, de la France... et du monde en célébrant le centième anniversaire Bugatti. C’était en 2009. La Maison de l’Alsace, abondamment fleurie à cette occasion, avait fait de son hall d’accueil l’écrin d’un précieux  modèle T 35 : il y rappela pendant quelques mois le perfectionnisme de l’atelier molsheimois d’où sortirent des véhicules de haute race, originaux par leur mécanique comme par leur carrosserie.

Trois de ces engins superbes sont actuellement visibles dans le cadre intemporel de l’ancienne chartreuse de Molsheim, où une salle conte l’histoire de la firme légendaire. Mais la cité du piémont vosgien ne vit pas dans le passé !

 

ettore_45Le Milanais Ettore Bugatti, génial inventeur et designer installé en 1909, s’entoura à Molsheim d’ingénieurs de talent et y œuvra, avec des hauts et des bas, jusqu’au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Il  a laissé son nom à une entreprise considérable vouée à l’aéronautique, l’équipementier Messier-Bugatti.  C’est l’un des fleurons d’une importante zone d’activités ultra-contemporaine (Millipore, Mercedes-Benz Molsheim, Osram), maintenant desservie par une voie de contournement essentielle : nous sommes à un grand carrefour de l’Alsace, routier et ferroviaire (les TER assurent à cadence rapide la correspondance avec le TGV). Un carrefour industriel et touristique, où la Route des vins croise la voie rapide escortant la Bruche issue du cœur des Vosges.

Cultivant son indépendance, son identité et son calme, à 20 kilomètres à peine de Strasbourg dont elle n’est en rien une « banlieue », Molsheim se félicite de sa modernité et préserve son cachet de cité historique. Cela n’a rien de paradoxal en Alsace.

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Colombages et hautes technologies
au carrefour des Alsaces

Molsheim multiplie les colombages familiers entre ses monuments historiques, en tableaux très alsaciens, mais se montre discrète, comme préservée par les remparts abolis auxquels s’adossent sans façon tant de vieilles maisons. La balade le long du canal dérobant son eau tranquille à la Bruche encore très vive, puis au fil d’un entrelacement de ruelles, venelles, places et placettes, surprend, à quelques centaines de mètres d’Ecospace et des entreprises du nouveau millénaire. Les cartes-postales multiplient l’image médiévale de la porte des Forgerons, celle, Renaissance, de la Metzig et celle, 18e siècle magnificent, de l’ancienne église des jésuites. Elle ne disent pas tout.

Il faut flâner d’obliques en détours, pour s’impressionner des vestiges d’une immense chartreuse arrachée à la ruine, où sont logés un musée et la Fondation Bugatti, l’Ancienne Monnaie du 16e siècle, l’austère palais des comtes du 17e siècle naissant, les maisons modestes ou cossues du 18e siècle, la mairie néo-classique dont le fronton triangulaire répond à la tourelle à bulbe de la Metzig. Ici un portail à pilastres, là un oriel, plus loin une porte hésitant entre gothique et Renaissance, une maison bourgeoise au cossu wilhelminien…

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Molsheim conte à plaisir de grands chapitres de son histoire particulière et de l’histoire alsacienne. Mais la petite ville conservant des charmes de gros bourg s’est fait une tradition… de ne pas se figer dans la tradition et est, de longue date, cité d’industries : l’entrepreneur Jacques Coulaux y développa au 19e siècle une fabrique de grosse quincaillerie de réputation européenne ; Ettore Bugatti s’y installa avant la Grande Guerre ; les technologies du troisième millénaire s’y épanouirent précocement.

L’éventail des routes

Fédérant porte médiévale, pignons ouvragés, legs superbe du 18e siècle, charmants éclectismes Second Empire et structures contemporaines, la cité bas-rhinoise affirme sa personnalité indépendante dans un site privilégié, au contact d’univers différents imbriqués sans heurts. Au débouché de la Bruche, rivière rapide s’apaisant avant de livrer les reflets vosgiens à l’Ill, Molsheim s’arrondit à la croisée de grands itinéraires alsaciens.

La Route des Vins frôle les voies ferrées divergeant ici vers la Haute-Bruche, Rothau, le col de Saales et Saint-Dié d’une part, vers Rosheim, Obernai, Barr et Sélestat de l’autre (avec un service TER au rythme soutenu, la gare est l’une des mieux desservies d’Alsace). L’aéroport de Strasbourg-Entzheim étire ses pistes à moins de dix minutes de train. La voie rapide est toute proche, connectée à un rond-point carrefour essentiel.

Les routes rayonnent en éventails largement déployés, vers les vignes et les vergers de la Couronne d’Or, vers Mutzig, Schirmeck et le col de Saales, vers Rosheim, Obernai et le vignoble ourlant somptueusement le piémont vosgien. Vers le Mont Sainte-Odile, vers le « pays des choux », vers le Ried. L’exemplaire réseau TER de la Région Alsace suggère presque autant de destinations. Au cœur des Vosges. Dans l’univers viticole. Vers Sélestat.

Pour compléter : à vélo, une infinité de balades, sur des pistes échappant aux voitures, même aux Bugatti de collection ;  à pied, le sentier viticole, les chemins de randonnée balisés…

La contournement salvateur
d’une cité à ne pas contourner

La voie de contournement, rappelle volontiers Laurent Furst, le maire de Molsheim, assure depuis 2008 l’interconnection de six routes départementales, facilite les déplacements sur l’axe Sélestat-Saverne, la desserte d’un vaste espace industriel et tertiaire aéré, propre, qui aurait fait rêver le génial Ettore. Et soulage le centre de Molsheim d’un trafic qui fut infernal. Cette réalisation longtemps attendue, qui dessert une zone d’activités en pleine expansion, limite l’urbanisation de la cité, à peine 9500 habitants actuellement, sans doute guère plus de 10 000 à l’avenir. Pour son bonheur tranquille !

Gardant la forme que lui donnèrent ses remparts, au sein d’un espace urbain taillé large, mais à échelle humaine, ici industriel, là commercial, ailleurs rural et viticole (le grand cru Bruderthal touche aux premières maisons), Molsheim restera à l’échelle de la flânerie… Le contournement attendu si longtemps, paradoxalement, permet aux touristes de savourer la cité. Il ne faisaient souvent que la frôler au temps proche où ils s’engluaient dans un long embouteillage ne leur laissant deviner que le flanc étiré de Saint-Georges, l’église des jésuites.

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