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Un ticket pour mieux voir !
Cet article sera complété et actualisé au cours du premier trimestre 2010
A, B, C, D, E. Demain, c’est à dire fin 2010, l’abécédaire de la CTS (Compagnie des transports strasbourgeoise) s’enrichira d’un F. Celui de la ligne qui constituera, à moyen terme, la partie urbaine du réseau tram-train. Car on ira un jour sans changement de la Robertsau ou de l’Esplanade à Mutzig-Gresswiller ou à Rosheim-Obernai-Barr.
A, B, C, D, E… restons en là pour le moment. Nous épellerons la suite dans quelques mois : les rails tout neufs de la F, qui se confondra avec la B et la C sur une partie du parcours, s’alignent progressivement, depuis janvier 2010, du côté de l’Esplanade, alors que des chantiers sont ouverts Faubourg-de-Saverne et boulevard du Président-Wilson, jusque là où le tram touchera la gare SNCF, en un terminus provisoire.

Cinq lignes rayonnantes et interconnectées, c’est déjà beaucoup pour le « touriste » à qui s’offre le bonheur d’une autre visite de Strasbourg, de préférence avec le ticket bus-tram 24 heures, très recommandé.
Elles permettent une visite à grande échelle, relaxante, entraînant hors des parcours rebattus. Une visite selon humeur faisant découvrir la vraie ville, métropole étendue, très alsacienne, très européenne, et pour le moins du millénaire quant aux transports en commun.
La cathédrale est sublime, la Petite-France multiplie les pans de bois et force sur les couleurs, la place Kleber se revigore d’être encore une fois relookée. L’Ill se divise pour mieux doubler les reflets du centre historique, pour y ajouter ceux d’Arte, ceux de berges moins fréquentées, au charme tranquille, puis ceux des modernités de l’univers européen. Les lignes de tram croisent les bras de la rivière de Alsace, s’en éloignent, les retrouvent. Elle n’en sont que rarement lointaines, et il se trouve presque toujours des correspondances bus pour rapprocher de ses rives, des chenaux qu’elle alimente.
Mais il n’y a pas que cela, au long des lignes A, B, C, D, E ou à trois enjambées des stations.… Le tramway aux amples vitrages entraîne dans un très grand Strasbourg. Vers un musée d’Art moderne et contemporain dont on ne redit pas assez que la merveilleuse terrasse offre une vue inattendue et significative de la cité, ainsi que du sombre et élégant étirement de l’hôtel du Département , œuvre de l’architecte Claude Vasconi).
Vers l’hôtel – pardon : « la Maison » - de la Région. Vers le Parlement européen, le canal de la Marne au Rhin, le Conseil de l’Europe et son Agora. Un univers très contemporain, reflété par les bras de l'Ill, ourlé par les verdures du parc de l'Orangerie et de la Robertsau.

Vers le Strasbourg d‘aujourd’hui et de demain, le quartier de l’Etoile, le bassin d’Austerlitz métamorphosé, l’univers d’une médiathèque André-Malraux lumineuse et conviviale, ample et originale. Un univers autre, qui rapproche des bassins du port fluvial et du Rhin.
Vers l’au-delà des dépliants touristiques : le tram aux trouées souvent vertes et lumineuses, « restructurantes », permet de parcourir pour une bonne part la très grande ville née dans les bras de l’Ill au contact du Rhin. Un fleuve qu’elle sembla ignorer longtemps, malgré l’importance considérables des installations du Port autonome (le PAS d’une batellerie internationale à l’activité intense). Elle se tourne enfin de son côté, au moment où le pont de chemin de fer s’est mis aux normes pour que le TGV doit vraiment européen.
Au cœur de la ville historique, la bizarre auréole vitrée couronnant la place de l’Homme-de-Fer s’arrondit largement à un grand carrefour de lignes (trams A et D, qui desservent la gare, B et C). Elle cache, c’est dommage, quelques belles demeures. Elle cache aussi, c’est tant mieux, quelques témoignages de la reconstruction banale d’après-guerre.
À une station de là : la place Broglie, archi-détaillée dans tous les guides. Ils ne manquent pas de rappeler qu’il faut, ici, prononcer Bro-glie, non Breuil, comme c’était de tradition au temps du maréchal François-Marie de Broglie, gouverneur de Strasbourg avant la Révolution.
Place du paseo distingué jadis, ce quadrilatère étiré manqua un peu de vie pendant des décennies, en dehors du marché de Noël, installé là pour l’Avent (le Christkindelsmärik, alors familial et poétique, fut cantonné sur cette esplanade jusqu'aux années 1980, au cours desquelles il prit de nouvelles et assez stupéfiantes dimensions, essaimant vers la cathédrale et la Petite-France).
Les rames B et C y stationnent allongées à plaisir, à quelques enjambées d’une harmonieuse façade aux baies cintrées et au double escalier, celle du très Régence Hôtel de Ville de Strasbourg.
Au fond de la place, vers l’Ill, la place est fermée par le péristyle à colonnes ioniques du théâtre jadis municipal, aujourd’hui Opéra du Rhin — avec titre d’Opéra national. Il fut reconstruit après sa destruction pendant la guerre de 1870. Toute proche : la Fontaine de Janus, le dieu des portes au double visage. Elle fut imaginée par le très alsacien et très mondialiste Tomi Ungerer (le musée de cet imagier, dessinateur, affichiste, auteur, conteur et inventeur d’objets, est proche, accessible par le pont ou une passerelle).
Tout près, dominant le fossé du Faux-Rempart (toujours l’Ill) : l’hôtel du Préfet, fastueuse réalisation des années 1730. Comme le théâtre, ce monument de grès rose fut cruellement touché par les bombardements de 1870, et reconstruit à l’identique.
À deux stations : une place de la République monumentale, et de belle amplitude jardinée. Elle a trouvé une vie nouvelle depuis que des rails à destinations multiples s’y croisent, à l’orée d’un vaste quartier « allemand » témoignant de vues urbanistiques remarquable.

Tout devient proche depuis la gare audacieusement mise sous verre pour le TGV, ou depuis les parkings relais voiture-tram., ou depuis les parc à vélo que l’on sait roi depuis presque deux décennies. Au plus compliqué, on fait trois pas pour passer d’une rame Eurotram ou Citadis (elles n’ont pas le même nez) au bus.
Ici pour s’aventurer jusqu’aux darses sud du PAS (traduire Port autonome de Strasbourg) ou aux bassins d’entre chenal Vauban et Rhin. Là, pour gagner Kehl, histoire d’en revenir via la métallique et aérienne passerelle-signal du Jardin des Deux Rives.
Peut-être aussi afin de découvrir les réalités de la ville, qui se limite trop souvent, pour les touristes à la prestigieuse grande île enlacée par l’Ill, afin de ressentir les dimensions d’une communauté urbaine « multiple et diverse ». Les lignes ont des terminus, sans cesse repoussés. Appréhender le grand Strasbourg, c’est aussi aller au-delà du Wacken, dépasser Baggersee, aller voir vers l’Elsau, la Robertsau, Hautepierre, Neuhof…Un univers très contemporain, reflété par les bras de l’Ill, ourlé par les généreux verdoiements du parc de l’Orangerie et de la Robertsau.
Le réseau qui se maille et s’étend, le plus important de France, offre aux Strasbourgeois des possibilités de déplacement enviables. À leurs hôtes, celles de découvertes. En commençant par celles des curiosités étoilées par les guides ou méritant d’être davantage connues, quartiers, monuments, musées.
Pour commencer par les classiques, en remerciant l’Office de tourisme et la CTS, taper Strasbourg Tram tourisme, ou quelque chose du genre dans Goggle. Ou cliquez directement sur : www.cts-strasbourg.fr/Sedéplacer et sur : Visitez Strasbourg en Bus et Tram (indispensable à qui découvre la ville… ou veut la redécouvrir).

Le tram, demain transfrontalier.
Après-demain, dans les vigne
Dans quatre ou cinq ans, la ligne D franchira le Rhin pour atteindre Kehl, tutoyant le TGV au passage du Rhin.
Puis ce sera le tram-train, interconnection en gare qui mettra le vignoble à portée de Winstub, fera remonter la Bruche presque de pair avec les saumons de retour grâce aux passes des barrages du Rhin.
Pour le moment, les lignes de tramway nouent de plus en plus serré leurs mailles entrelacées avec celles des bus. En un réseau dense, très utilisé, de plus en plus étendu sur le territoire de la CUS.
Racé, superdesign, le tram avait été la vedette de l’Avent 1994 : après des années de travaux pénalisants et de controverses, le « tramway de Strasbourg » allait refléter les étoiles, les scintillements et les guirlandes lumineuses du marché de Noël. Les Strasbourgeois, qui avaient maudit l’interminable chantier de la ligne A, la première en service, eurent un coup de foudre pour leur tram, dont toute la France parla, que toutes les grands villes envièrent (le précédent remarquable de Grenoble avait fait couler moins d’encre). L’on avait longtemps parlé de métro, tergiversé, puis Catherine Trautmann avait su trancher en faveur du système de transport dont, maintenant, plusieurs cité se vantent (Bordeaux, Nantes, par exemple… et Mulhouse, à retrouver dans cette rubrique Sur les rails).

À suivre (cet article de " Sur les rails " sera progressivement augmenté).
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