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Sur les rails...
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Parisien auteur de nombreux ouvrages sur l’Alsace, guides culturels et livres sur le vignoble, Jacques-Louis Delpal revisite régulièrement le Bas et le Haut-Rhin. Toutes saisons depuis plus de trente ans. Ne prenant le volant que contraint et forcé. Il adorait le train au temps des express peu pressés et des correspondances lambines. Il est aujourd’hui inconditionnel du TGV et des TER. Métro au départ, tramway, souvent, à l’arrivée. Bonheur des gares, magie des rails… La Maison de l’Alsace lui a demandé de réexplorer l’Alsace. À partir d’une gare de l’Est que la grande vitesse métamorphosa. Il a carte blanche pour montrer ce qu'il aime, textes et, souvent photos.
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Mulhouse : le tram jaune soleil redessine la ville |
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TGV, TER, Tram, Tram-Train : les rails internationaux, régionaux et urbains convergent vers la gare de Mulhouse. Monumentale et presque bicentenaire, pour une bonne part modernisée avec classe, elle constitue le nœud principal des interconnections Sud-Alsace, au carrefour de trois nations. Sa métamorphose, également celle d’un quartier, répond et participe à l’évolution mulhousienne.
La ligne 1 du tramway en part, vers la Cité de l’automobile et au-delà (correspondance bus à la station Grand Rex pour la Cité du train, que le tram-train desservira fin 2010). Elle croise la ligne 2, qui relie le cinéma d’art et d’essai Bel Air au multiplexe Kinepolis, met la diversité des Coteaux à 20 minutes de l’allée Willliam Wyler, paseo au look vert ponctué de sculptures d’aujourd’hui (bus à Daguerre ou Nations pour la Cité du train).
Les itinéraires des rames jaunes, moquettés de gazon, escortés d’arbres, redessinent et égaient la ville.

Le tramway, joyeusement familier mais racé, fait preuve de civilité envers le centre historique, dont il fédère courtoisement la disparate. Passant entre le bastion multiséculaire du Bolwerk et la tour de l’Europe, que l’on prit presque pour un gratte-ciel, il y quarante ans, il juxtapose gaiement sa couleur au rouge et au vert contemporains de la Porte jeune, puis valorise les quartiers et faubourgs où il pointe en souplesse sa « tête » peu agressive (ainsi se dénomme la cabine de conduite, dont le dessin fut plébiscité par les futurs usagers, consultés massivement).
Les rames Citadis d’Alsthom, dont les parcours design sont balisés d’œuvres d’art actuelles, font visiter autrement Mulhouse. Une cité jadis hérissée de cheminées, longtemps malmenée urbanistiquement et qui a sa part de problèmes sociaux, mais dont l’élan, la modernisation et la mise en couleurs surprennent. D’autant plus qu’un passé en grisaille, celui de la voiture reine, n’est pas si lointain.
SOMMAIRE
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Molsheim : pas seulement Bugatti ! |
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Molsheim,petite ville à la périphérie superactive et au centre superhistorique, s’était rappelée au souvenir de l’Alsace, de la France... et du monde en célébrant le centième anniversaire Bugatti. C’était en 2009. La Maison de l’Alsace, abondamment fleurie à cette occasion, avait fait de son hall d’accueil l’écrin d’un précieux modèle T 35 : il y rappela pendant quelques mois le perfectionnisme de l’atelier molsheimois d’où sortirent des véhicules de haute race, originaux par leur mécanique comme par leur carrosserie.
Trois de ces engins superbes sont actuellement visibles dans le cadre intemporel de l’ancienne chartreuse de Molsheim, où une salle conte l’histoire de la firme légendaire. Mais la cité du piémont vosgien ne vit pas dans le passé !
Le Milanais Ettore Bugatti, génial inventeur et designer installé en 1909, s’entoura à Molsheim d’ingénieurs de talent et y œuvra, avec des hauts et des bas, jusqu’au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Il a laissé son nom à une entreprise considérable vouée à l’aéronautique, l’équipementier Messier-Bugatti. C’est l’un des fleurons d’une importante zone d’activités ultra-contemporaine (Millipore, Mercedes-Benz Molsheim, Osram), maintenant desservie par une voie de contournement essentielle : nous sommes à un grand carrefour de l’Alsace, routier et ferroviaire (les TER assurent à cadence rapide la correspondance avec le TGV). Un carrefour industriel et touristique, où la Route des vins croise la voie rapide escortant la Bruche issue du cœur des Vosges.
Cultivant son indépendance, son identité et son calme, à 20 kilomètres à peine de Strasbourg dont elle n’est en rien une « banlieue », Molsheim se félicite de sa modernité et préserve son cachet de cité historique. Cela n’a rien de paradoxal en Alsace.
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